Respecter les femmes : une question d'humanité, de maturité et d'équilibre 

Respecter les femmes une question d’humanité, de maturité et d’équilibre 

Respecter les femmes : une question d’humanité, de maturité et d’équilibre 

Nous venons tous d’une femme 

En tant qu’homme, il y a une réalité simple qui me semble parfois oubliée : nous venons tous du ventre d’une femme. En effet, notre origine à tous est et reste celle-là. 

Avant d’être un homme ou une femme, avant nos opinions, nos croyances ou nos différences, nous avons tous été portés par une mère. Elle nous a nourris, protégés et accompagnés du mieux qu’elle a pu avec son histoire, ses qualités, ses forces et parfois ses blessures. 

Cette simple évidence devrait nous rappeler le respect que nous devons aux femmes. A toutes les femmes, quel que soit leurs origines, croyances et couleurs de peau. 

Pourtant, au fil de l’histoire, les femmes ont souvent dû se battre pour obtenir ce qui devrait être naturel. Le droit d’apprendre, de travailler, de choisir leur vie, d’exprimer leurs idées, de participer aux décisions et d’être reconnues pour leurs compétences plutôt que pour leur apparence. 

Aucune société ne peut réellement progresser en laissant une partie de l’humanité derrière elle. En effet, le but de tout regroupement n’est-il pas d’intégrer tout le monde sans exception ? 

Les femmes ne sont pas seulement des émotions, les hommes ne sont pas seulement du mental 

Les stéréotypes ont la vie dure, encore aujourd’hui, nous sommes loin d’un pied d’égalité entre tous. 

Pendant longtemps, les femmes ont été présentées comme étant principalement guidées par leurs émotions. Tandis que les hommes auraient été naturellement tournés vers la raison et l’action. En réalité, les choses sont bien différentes. 

Les femmes pensent, créent, innovent, dirigent, entreprennent et construisent. Elles possèdent des capacités intellectuelles aussi variées que celles des hommes. En effet, il suffit de regarder un peu autour de nous, les femmes commencent à s’ouvrir à bon nombre de choses. 

Les hommes, quant à eux, ressentent également la peur, la tristesse, la joie, la tendresse, le doute et le besoin d’être aimés. De plus en plus, nous voyons des Papas s’occupant de leurs enfants. Pour certains, ils savent ouvrir leurs cœurs de plus en plus.  

Réduire les femmes à leurs émotions et les hommes à leur mental revient à enfermer chacun dans une prison invisible. Cela ne permet pas, en sus de cela, de pouvoir communiquer convenablement entre hommes et femmes. 

Être adulte : trouver l’équilibre entre le cœur et l’esprit 

Notre société valorise souvent l’idée de force. Pour être bien dans ce monde, il faut être fort, ne pas montrer ses émotions. Ces émotions besoin vital dont nous avons besoin pourtant. Il faut avancer coûte que coûte et ne jamais douter. Surtout tenir debout et ne jamais flancher. 

Pourtant, est-ce vraiment cela être adulte ? Est-ce que la maturité ne consiste pas à devenir plus dur ? Comment faire alors pour donner son amour à ceux que nous aimons ? 

En conséquence, ne vaut-il mieux pas essayer de devenir plus équilibré ? Cet équilibre dont nous avons tant besoin. En vérité, ne trouvez-vous pas que les extrêmes ont déjà assez creusés de fossés entre hommes et femmes ? 

Le trop est l’ennemi du bien 

Une émotion sans réflexion peut donc conduire à des réactions excessives. Surtout si derrière ces émotions se trouvent des blessures profondes qui font suinter des manques tel que l’émotion ne trouve pas de stabilité. 

Un mental coupé des émotions peut conduire à l’indifférence ou à l’incapacité de comprendre les autres. Surtout si la seule chose qui a été apprise c’est rester debout à tout prix. En fait, ne pas ressentir, juste aller jusqu’au bout pour que tout soit terminé. 

Les apports du cœur et du mental 

Le cœur apporte l’empathie. Pour que la base soit bonne, ne faut-il pas un peu de réflexion ? L’utilisation de la mémoire, apprendre pour comprendre en sus, que du bon pour poser comme dans le Karma Yoga une action juste et posée. 

Le mental apporte le discernement. Pour que la base soit bonne, ne faut-il pas un peu d’émotions ? L’utilisation de la mémoire émotionnelle, se laisser aller à ressentir les choses avec son cœur, tout comme le Bhakti Yoga, un amour en ayant foi en soi. 

Sans oublier le Jnana Yoga, celui qui permet d’apprendre et de comprendre.

L’un sans les autres cela crée du déséquilibre, ne trouvez-vous pas ? 

Développer les deux dimensions 

L’homme comme la femme ont besoin de développer ces deux dimensions. Tout simplement pour être plus entier, pour pouvoir trouver un équilibre autant émotionnel que psychologique ou mental 

Le véritable adulte n’est pas celui qui écrase ses émotions ou ses pensées. En vérité, l’adulte ne serait-il pas l’enfant en nous qui ose vivre en ayant gardé sa curiosité de découvrir tout en étant capable d’émotions et d’actions pour son bien ? 

Pour moi, j’ose me positionner, celui qui apprend à écouter, à comprendre et mettre au service de sa vie le cœur et le mental a tout compris. Sans chercher les excès, juste apprendre à être bien avec soi et les autres. 

Quand les blessures de l’enfance nous volent une partie de nous-mêmes 

Le problème est que beaucoup d’entre nous grandissent avec des blessures émotionnelles. Même concernant les blessures du mental, nous sommes là à parler d’émotionnel. Car trop vivre l’émotion ou ne plus la vivre du tout, il manque l’écoute réelle du cœur. 

Une femme qui a constamment été critiquée durant son enfance peut finir par douter de sa valeur. Même adulte, elle peut avoir du mal à faire confiance à ses capacités, à prendre sa place ou à croire qu’elle mérite d’être respectée. Elle peut même paraître active, dans la vie, sans pour autant l’être. En fait, il lui manque quelque chose, cette confiance en elle que personne ne lui a donnée et qu’elle recherche à vouloir tout faire, souvent toute seule. 

Un homme qui a grandi dans un environnement où il était sans cesse rabaissé ou rejeté peut développer les mêmes difficultés. Il pourra chercher à tout contrôler, à cacher ses émotions ou à se construire une image de force pour masquer une profonde insécurité. En fait, il saura montrer qu’il sait faire, au point d’avoir réponse à presque tout. Seulement, il lui manque cette confiance en lui que personne ne lui a donné et qu’il recherche à vouloir régler tout, souvent tout seul. 

Dans les deux cas, une partie de leur être a été volée 

Cette partie volée n’est pas seulement la confiance en soi. C’est aussi la confiance dans la vie, dans les autres et parfois même dans l’amour. 

Une femme qui a appris très tôt qu’elle n’était jamais assez bien peut finir par douter de ses capacités, même lorsqu’elle réussit.

Femme intelligente volée par la vie

Pour ma part, j’ai rencontré des femmes particulièrement intelligentes et compétentes qui semblaient pourtant douter d’elles-mêmes dès qu’une situation devenait complexe ou conflictuelle. Comme si une partie d’elles n’osait pas pleinement prendre sa place.

Est-ce parfois la résurgence d’un passé où leur parole a été minimisée, ignorée ou dévalorisée ? Je le crois.

Pendant longtemps, certaines ont grandi dans des environnements où l’on attendait davantage d’elles qu’elles soient discrètes, agréables ou conformes aux attentes plutôt qu’affirmées et confiantes. Même lorsque les capacités sont là, les blessures anciennes peuvent continuer à freiner l’expression de leur potentiel.

Les hommes dont moi, cassé par étant autre chose

Pour ma part, j’étais un enfant sensible. J’aimais les livres, la réflexion, les moments de solitude et l’observation. Pourtant, cela ne correspondait pas toujours à l’image du garçon que j’aurais dû être selon certaines attentes de l’époque. 

Comme beaucoup d’autres hommes, j’ai parfois eu le sentiment qu’il fallait être plus fort, plus dur, plus sûr de soi, moins émotif et davantage dans l’action. À force d’entendre ce que l’on devrait être, on peut finir par s’éloigner de ce que l’on est réellement. 

Pendant longtemps, j’ai cru qu’une partie de moi devait être corrigée. En réalité, elle avait surtout besoin d’être reconnue. 

Avec le temps, j’ai compris que ma sensibilité n’était pas une faiblesse. Elle me permettait de comprendre les autres, de ressentir, d’écouter et de développer une autre forme de force. 

Comme beaucoup d’hommes, il m’a fallu réapprendre à faire confiance à cette partie de moi qui avait été mise de côté. Non pour devenir quelqu’un d’autre, mais simplement pour redevenir moi-même. 

Des valeurs non reconnues

Dans les deux cas, le problème n’est pas un manque de valeur. Le problème est que cette valeur n’a pas été suffisamment reconnue lorsqu’ils étaient enfants.  

Petit à petit, ils ont appris à se méfier d’eux-mêmes. Puis, par extension, à se méfier des autres. Les émotions telles que la colère, la peur et la tristesse sont devenues dominantes.

Retrouver cette partie perdue demande alors de réapprendre à faire confiance. D’abord à soi-même, à ses capacités, à son ressenti et à son jugement. Puis progressivement aux autres, sans naïveté, mais sans vivre constamment sur la défensive. 

Car la confiance est souvent le pont qui relie la blessure à la guérison : 

  • La confiance en soi. 
  • Le sentiment d’avoir le droit d’exister tel que l’on est. 
  • L’estime de soi. 
  • À réapprendre à se faire confiance. 
  • Le chemin de guérison consiste alors à retrouver cette partie oubliée. 
  • À reconnaître sa valeur. 
  • À accepter ses émotions sans en être prisonnier. 
  • Puis progressivement à refaire confiance aux autres. 

Tout bonnement car celui qui ne se fait pas confiance aura souvent du mal à faire confiance au monde. Même s’il montre qu’il sait, au fond de lui ou elle, il manque quelque chose. 

Le regard du Yoga sur l’être humain 

Les Yoga Sutras de Patanjali nous invitent à observer les mécanismes qui créent la souffrance. 

Ils expliquent que nous regardons souvent le monde à travers nos peurs, nos blessures, nos habitudes et nos conditionnements. En fait, nous croyons voir la réalité alors que nous regardons souvent avec nos propres filtres. 

En effet, ce qui nous permet de voir est rapport à nos expériences, notre héritage et ce que nous sommes capables de voir. 

Le Yoga nous propose un autre chemin. 

  • Celui de la lucidité. 
  • Celui de l’observation. 
  • Celui de la connaissance de soi. 

Cette démarche commence notamment par Ahimsa, la non-violence. Pour être précis, elle ne concerne pas uniquement les actes physiques. Alors, évitons de laisser de côté la violence des paroles, des jugements et préjugés. Cela vaut tout aussi bien nous concernant et les autres. 

Respecter les femmes, respecter les hommes, respecter les différences, tout cela fait partie de cette démarche. 

La compassion : une force et non une faiblesse 

Comme beaucoup de valeurs de cœur, la compassion est souvent mal comprise. Pour être bien utilisée, elle ne consiste pas à tout accepter. Pas plus qu’il ne faille excuser tous les comportements. 

La compassion consiste à comprendre que derrière chaque être humain se trouve : 

  •  Une histoire. 
  • Des joies. 
  • Des peurs. 
  • Des blessures. 
  • Des combats invisibles. 

Pourtant, cette observation et compréhension ne supprime en rien les responsabilités de chacun, mais elle permet d’éviter les jugements rapides. 

Ce qui doit être compris, derrière les apparences se cache souvent un être humain qui cherche simplement à être aimé, reconnu et respecté. Le but de la compassion se trouve dans la compréhension, non souffrir à la place ou se tuer à la tâche pour faire à la place de ceux ayant souffert. 

La compassion, proposer, sans imposer et permettre aux personnes, comme si nous étions une béquille, pour leur permettre d’avancer sur leurs chemins. Jamais le chemin ne sera fait à la place de l’autre. 

Vers une société plus équilibrée 

Pour être bien clair : respecter les femmes ne signifie pas opposer les femmes et les hommes.  

Cela signifie : 

  • Permettre à chacun d’accéder aux mêmes opportunités. 
  •  Reconnaître leur égale dignité. 
  • Permettre aux hommes d’exprimer leur sensibilité sans être considérés comme faibles. 
  • Cesser de réduire les personnes à leur sexe, leur apparence, leur origine ou leur âge. 

Le Yoga parle souvent d’unité, il signifie même union. En lui se trouve le chemin, non le but. Ce qui est recherché : non pas une uniformité où tout le monde serait identique, mais une humanité partagée où chacun trouve et a sa place. 

Se souvenir de notre origine commune 

Nous sommes tous nés d’une femme. 

Nous avons tous eu besoin d’amour, de protection et d’attention pour grandir. 

Peut-être que le véritable signe de maturité n’est pas la domination, la compétition ou la recherche du pouvoir. Nous avons déjà bien donné par le passé, ne croyez-vous pas ? 

Peut-être est-il tout simplement dans notre capacité à nous respecter nous-mêmes. A respecter les autres et à construire un monde où femmes et hommes peuvent avancer ensemble. Au moins, là il y a des possibles et tout est à faire. 

Car lorsqu’une femme est empêchée de s’épanouir, c’est toute la société qui s’appauvrit. 

Et lorsqu’un homme est privé de sa sensibilité, c’est également une partie de l’humanité qui se perd. 

Le respect, la compassion et l’équilibre ne sont pas des signes de faiblesse. En fait, Ils sont peut-être les plus belles expressions de la maturité humaine. 

Le Yoga nous rappelle qu’il n’existe pas d’être humain parfait. Il existe seulement des femmes et des hommes qui apprennent, tombent, se relèvent et avancent. 

Peut-être que grandir ne consiste pas à devenir plus fort que les autres. 

Peut-être que grandir consiste à devenir plus conscient, plus respectueux et plus capable d’aimer. 

Le véritable chemin n’est alors ni celui de la domination ni celui de la soumission. Il est celui du respect de soi, du respect des autres et de la recherche d’un équilibre permettant à chacun de trouver sa place dans le monde. 

PS : j’avais déjà écrit un article sur l’autre site, la libération des cons, si cela vous intéresse. 

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